Présentation.

Présentation.
__________Bonjour ou Bonsoir ツ

__Chères futures lectrices, je m'appelle Ashley, j'ai 15 ans, je suis l'auteur de cette fiction et je vous présente ma nouvelle fiction sur les Tokio Hotel. La Dernière Nuit. Cette fiction est faite d'intrigue et de suspense. Comportant aussi des scènes de shonen-aï [ = Relation amoureuse entre deux hommes <33 ]. J'espère que cette fiction vous plaira. Je ferais de mon mieux. Mon autre Fiction (L). Si tu veux être prévenu laisse moi un commentaire ^^. Bises.




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# Posté le mercredi 21 mai 2008 10:02

Modifié le mardi 15 juillet 2008 08:54

Kapitel 1 : Das Zimmer 483 La Chambre 483

Kapitel 1 : Das Zimmer 483 La Chambre 483


_'_Il était assis, immobile devant la télévision dans la chambre 483 de l'hôtel Vendôme. Le réveil avait sonné à six heures, mais il était debout depuis longtemps. Le vent froid et sinistre qui faisait trembler les vitres l'avait sorti d'un sommeil agité.
__Les actualités du matin avaient commencé, mais il n'avait pas monté le son. Ni les nouvelles, ni les éditions spéciales ne l'intéressaient. Il voulait juste regarder l'interview.
__Mal à l'aise sur sa chaise trop raide, il croisait et décroisait les jambes. Il s'était douché, rasé, et avait mis le costume qu'il portait en arrivant à l'hôtel la veille au soir. La pensée que le jour était enfin arrivé avait fait trembler sa main et il s'était légèrement coupé la lèvre en se rasant. Il saignait encore un peu, le goût salé dans sa bouche lui donna un haut-le-c½ur.
__Il avait horreur du sang.
__La nuit dernière, au bureau de réception de l'hôtel, il avait senti le regard du réceptionniste glisser sur ses vêtements. Il portait son pardessus sous le bras, pour dissimuler son aspect minable. Mais le costume était neuf. Il avait fait des économies pour ça. Et pourtant l'homme l'avait regardé comme un pauvre type et lui avait demandé s'il avait fait une réservation.
__Il n'avait jamais rempli de fiche dans un véritable hôtel, mais savait comment s'y prendre. « Oui, j'ai une réservation », avait-il affirmé d'un ton sec, et le réceptionniste avait paru hésiter un instant ; puis comme il n'avait pas de carte de crédit et proposait de payer comptant à l'avance, le sourire sarcastique était réapparu. « Je partirai mercredi matin », avait-il précisé.
__La chambre coûtait 140 dollars pour les trois nuits. Il ne lui restait donc plus que 30 dollars. C'était bien assez pour ces quelques jours et mercredi il aurait 82 000 dollars.
__Le visage de la femme flotta devant lui. Il cligna des paupières pour le chasser. Car ensuite viendraient les yeux, ces gros globes lumineux qui le suivaient partout, le surveillant, jamais fermés.
__Il aurait bien aimé une autre tasse de café. Très tôt ce matin, il avait appelé le garçon d'étage en suivant attentivement les instructions. On lui avait apporté du café et il en restait un peu ; mais il avait lavé la tasse, la soucoupe et le verre de jus d'orange, rincé la cafetière et mis le plateau par terre dans le couloir.
__Un spot publicitaire se terminait. Soudain intéressé, il se pencha sur l'écran. L'interview allait commencer. Voilà. Il tourna le bouton du son vers la droite.
__Le visage familier de Steve Brokaw, présentateur des actualités, remplit l'écran. Grave, la voix posée, il commença. « Le rétablissement de la peine capitale est devenu la question la plus brûlante et la plus controversée dans ce pays depuis la guerre du Viêt-Nam. Dans 52 heures très exactement, le 24 mars à onze heures trente, aura lieu la sixième exécution de l'année ; le jeune Gustav Shäfer, âgé de 21 ans, mourra sur la chaise électrique. Nos invités... »
__La caméra recula sur les deux personnes assises de part et d'autre de Steve Brokaw. L'homme à droite avait une 30ène d'années. Ses longs cheveux noirs, parsemés de mèches blanches, étaient lissés. Il avait les mains jointes, doigts écartés et pointés vers le haut. Son menton posé sur le bout des doigts lui donnait une attitude de prière qu'accentuaient des sourcils sombres, arqués sur des yeux chocolat.
__Le jeune homme de l'autre côté se tenait très droit sur sa chaise. Des dreads blondes lui tombé sur les épaules. Ses poings serrés reposaient sur ses genoux. Il s'humecta les lèvres et repoussa une dread.
__Steve Brokaw disait : « Au cours de leur précédente entrevue sur le plateau, nos invités avaient très clairement exposé leur point de vue sur la peine capitale. Tom Kaulitz, journaliste, est également l'auteur du best-seller La peine Capitale. Bill Krämer, rédacteur en chef du magasine Le Monde, est l'une des personnalités les plus écoutées dans le monde des médias à encourager le rétablissement de la peine capitale dans ce pays. »
__Sa voix s'anima. Il se retourna vers Bill. « Commençons par vous, Monsieur Krämer, Après avoir constaté l'émotion du public au cours des dernières exécutions, pensez-vous toujours que votre position soit justifiés ? »
__Bill se pencha en avant. Quand il répondit, ce fut d'une voix très calme. « Absolument », affirma-t-il.
__Le présentateur se tourna vers son invitée. « Et vous, Tom Kaulitz, quelle est votre opinion ? »
__Tom bougea légèrement pour faire face à son interlocuteur. Il était crevé. Il avait travaillé 20 heures par jour ce mois dernier. Il avait contacté des gens importants, sénateurs, membres du Congrès, juges, membres d'organisations, tenu des conférences dans les universités, dans les clubs masculins, pressant chacun d'écrire ou de télégraphier au gouverneur pour protester contre l'exécution de Gustav Shäfer. La réaction obtenue avait été énorme. Il avait vraiment cru que le gouverneur allait revenir sur sa décision. Il chercha ses mots.
__« Je pense, dit-il, je crois que nous, notre pays, avons reculé d'un pas de géant vers le Moyen Age. » Il souleva la pile de journaux à côté de lui. « Regardez les titres de ce matin. Analysez-les ! Ils sont assoiffés de sang. » Il les feuilleta d'un geste rapide. « Celui-ci... On met à l'épreuve la chaise électrique, et celui-là... 21 ans : il meurt mercredi et encore, L'assassin condamné déclare son innocence. Ils sont tous pareils, du sensationnel ! De la violence ! » Il se mordit les lèvres, sa voix se brisa.
__Bill lui jeta un regard bref. Ils venaient juste d'apprendre que le gouverneur annonçait publiquement son refus définitif d'accorder à Shäfer un autre délai d'exécution. La nouvelle avait anéanti Tom. Ce serait un miracle s'il ne tombait pas malade après. Ils n'auraient pas dû accepter de venir à l'émission aujourd'hui. La décision du gouverneur rendait la présence de Tom inutile, et Dieu sait si Bill aurait préféré ne pas être là. Il devait pourtant dire quelque chose.
__« Je pense que tout honnête homme déplore le sensationnel et la nécessité de la peine de mort, dit-il. Mais n'oubliez pas qu'on ne l'applique jamais sans prendre en considération toutes les circonstances atténuantes. Il n'y a pas de peine capitale obligatoire.
__- Croyez-vous que toutes ces circonstances aient été prises en considération dans le cas de Gustav Shäfer, demanda vivement Brokaw, à savoir le fait qu'il venait à peine d'avoir 19 ans quand il a commis ce meurtre et ne dépendait donc plus du tribunal pour enfants ? »
__Bill répondit : « Comme vous pouvez vous en douter, je ne ferai aucun commentaire sur le cas de Shäfer. Ce serait parfaitement déplacé.
__- Je comprends votre souci, monsieur Krämer, dit le présentateur, mais vous aviez pris position sur cette question il y a bien longtemps... » Il s'arrêta avant de poursuivre dans un ton impassible : « Avant que Gustav Shäfer n'assassine votre femme. »
__Avant que Gustav Shäfer n'assassine votre femme. La brutalité des mots surprenait encore Bill. Deux ans et demi après, il ressentait encore le choc et l'atrocité de la mort de Sarah, étouffée par l'inconnu qui avait pénétré chez eux, par les mains qui avaient impitoyablement tordu l'écharpe autour de son cou.
__S'efforçant de chasser l'image de son esprit, il regarda droit devant lui. « Il fut un temps où j'espérais que la suppression de la peine de mort dans notre pays pourrait devenir définitive. Mais, comme vous venez de le faire remarquer, bien avant la tragédie qui a frappé ma propre famille, j'en étais venu à la conclusion que si nous voulions protéger le droit le plus fondamental de l'homme... la liberté d'aller et de venir sans crainte, la liberté d'être en sécurité dans nos foyers, nous devions arrêter les auteurs de violences. Malheureusement, il semble n'y avoir qu'une seule manière d'arrêter des meurtriers potentiels : les traiter avec l'implacabilité dont ils font preuve à l'égard de leurs victimes. Et depuis la première exécution, il y a deux ans, le nombre des meurtres a considérablement baissé dans les grandes villes de notre pays. »__Le spectateur solitaire dans la chambre 483 de l'hôtel Vendôme quitta des yeux Bill Krämer pour contempler l'autre jeune homme. C'était lui, l'écrivain que l'on voyait partout avec Bill. Il était manifestement grand, avec un corps élancé de sportif. La femme de Bill était petite et menue ; elle avait une poitrine ronde et des cheveux blonds qui bouclaient sur son front et ses oreilles quand elle remuait la tête.
__Que disait Bill ? Ah ! Oui, qu'il avait pitié des victimes et non de leurs meurtriers, qu'il avait pitié de « ceux qui n'ont pas les moyens de se défendre » !
__« Ma sympathie va aussi vers eux », s'écria Tom. « Mais ce n'est pas l'un ou l'autre. Ne comprenez-vous pas que l'emprisonnement à vie serait une peine suffisante pour tous les Gustav Shäfer de ce monde ? » Il oubliait Steve Brokaw, il oubliait les caméras et, une fois encore, s'efforçait de convaincre Bill. « Comment pouvez-vous... vous si compatissant... vous qui donnez tant de prix à la vie... vouloir jouer le rôle de Dieu ? demanda-t-il. Comment quelqu'un peut-il prétendre jouer le rôle de Dieu ? »
__La discussion prenait le même tour qu'il y a six mois, quand ils s'étaient rencontrés à cette émission. Steve Brokaw finit par dire : « Notre temps d'antenne est bientôt terminé. Pouvons-nous conclure en disant que malgré les rassemblements, les émeutes dans les prisons, les manifestations d'étudiants qui ont lieu régulièrement dans tout le pays, vous persistez à soutenir, monsieur Krämer, que la vive régression du meurtre gratuit justifie la peine de mort ?
__- Je crois au droit moral... au devoir... de la société de se protéger elle-même, et au devoir du gouvernement de protéger la liberté sacrée de ses citoyens, déclara Bill.
__- Tom Kaulitz ? » Brokaw se tourna vers lui.
__« Je crois la peine de mort dénuée de sens, indigne de l'homme civilisé. Je crois que nous pouvons préserver la sécurité des foyers et de la rue en mettant les grands criminels hors d'état de nuire, en leur infligeant des peines rapides et sûres, en votant les emprunts qui permettrons de créer les centres de délinquants nécessaires et de rémunérer le personnel employé. Je crois que c'est notre respect pour la vie, pour toute vie, qui est la preuve finale que nous agissons en tant qu'individus et en tant que société. »
__Steve Brokaw conclut en hâte. « Tom Kaulitz, Bill Krämer, merci de vous être joints à nous sur ce plateau. Nous reprendrons le cours de nos émissions après cette annonce... »
__La télévision dans la chambre 483 du Vendôme s'éteignit net. Un long moment, l'homme robuste et musclé dans son costume à carreaux resta assis le regard fixé sur l'écran obscurci. Une fois de plus, il repensa à son plan : d'abord porter les photos et la valise dans la pièce secrète de La Gare du Nord, et en dernier lieu y emmener Aurélie, la fille de Bill Krämer, cette nuit même. Mais auparavant, il devait prendre une décision. Tom Kaulitz serait chez Bill ce soir. Il devait garder Aurélie jusqu'au retour de son père.
__Il avait pensé l'éliminer sur place.
__Mais le pourrait-il ? Il est si beau. Il revit ses yeux, chocolat, troublant, tendre.
__Il lui avait semblé qu'en regardant les caméras, il regardait vers lui.
__On aurait dit qu'il l'appelait.
__Peut-être l'aimait-il ?
__Si il ne l'aimait pas, il serait facile de se débarrasser de lui.
__Il le laisserait à la Gare du Nord avec la gosse mercredi matin.
__A onze heures trente, quand la bombe éclaterait, de Tom Kaulitz, non plus, il ne resterait rien.






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# Posté le mercredi 21 mai 2008 11:04

Modifié le mardi 15 juillet 2008 08:56

Kapitel 2 : Die Begegnung La Rencontre

Kapitel 2 : Die Begegnung La Rencontre


__Ils quittèrent ensemble le studio, marchant à quelques pas l'un de l'autre. Le menton de Tom Kaulitz lourd sur ses épaules. Il avait les pieds et les mains glacés. Il regarda ses mains et constata que la bague ancienne avec une pierre de lune que lui avait offerte Bill pour noël avait une fois de plus Sali son doigt. Certaines peaux ont un taux d'acidité tel qu'elles ont toujours ce problème au contact de l'or.
__Bill le dépassa et lui ouvrit la porte. Ils marchèrent dans le petit matin aigre. Il fait faisait très froid et la neige commençait à tomber, épaisse, frappant leurs visages de ses flocons glacés.
__« Je vais t'appeler un taxi, dit Bill.
- Non. Je préfère marcher.
__- C'est idiot. Tu as l'air mort de fatigue.
__- Cela m'éclaircira les idées. Oh ! Bill, comment peux-tu être si positif... si sûr de toi... si sévère !
__- Ne recommençons pas, chéri.
__- Nous devons recommencer !
__- Non pas maintenant. »
Bill le regarda, à la fois impatient et inquiet. Tom avait les yeux brillants, striés de rouge ; le maquillage de télévision n'avait pas camouflé la pâleur qu'accentuait maintenant la neige fondant sur ses joues et son front.
__« Tu devrais rentrer te reposer, rétorqua Bill. Tu en as bien besoin.
__- Il faut que je rende mon papier.
__- Bon, essai de dormir quelques heures. Pourras-tu venir à la maison vers 6 heures moins le quart ?
__- Bill, je ne suis pas sûre...
__- Moi si. Nous ne nous sommes pas vus depuis trois semaines. Les Moritz comptent sortir pour leur anniversaire et je veux être à la maison ce soir avec toi et avec Aurélie. »

__Ignorant les gens qui se pressaient dans les hôtels des Champs-Elysées, Bill prit le visage de Tom entre ses mains. Il avait un air triste et bouleversé. Il dit d'un ton grave : « Je t'aime, Tom, tu le sais. Tu m'as horriblement manqué ces dernières semaines. Il faut que nous parlions de nous deux.
__- Bill, nous n'avons pas les mêmes idées. Nous... »

__Bill s'approcha et l'embrassa. Ses lèvres restaient froides. Il sentit son corps se contracter. Se séparant de lui, il héla un taxi. Quand la voiture se gara le long du trottoir, il ouvrit la porte et donna au chauffeur l'adresse. Avant de refermer, il demanda : « Je peux compter sur toi ce soir ? »
__Il hocha la tête sans rien dire. Bill attendit que le taxi tourne dans une des rues et marcha rapidement en direction de l'ouest. Il avait dormi dans un hôtel la nuit dernière, car il devait être au studio à 6 heures 30, et il désirait téléphoner à Aurélie avant son départ pour l'école. Aurélie faisait encore des cauchemars, ses crises d'asthme la réveillaient souvent. Madame Moritz appelait toujours immédiatement le médecin, mais néanmoins...
__L'hiver était si rude, si humide. Au printemps, peut-être, lorsqu'il pourrait sortir, Aurélie reprendrait des forces. Elle était toujours si pâle.
__Le printemps ! Mon Dieu, c'était le printemps ! L'équinoxe vernal s'était installé cette nuit et l'hiver était officiellement terminé. Qui l'aurait supposé étant donné les prévisions météorologiques ?
__Au bout de la rue, Bill tourna en direction du nord. Il se souvenait de sa première rencontre avec Tom, six mois auparavant. Quand il était venu le chercher chez lui, le premier soir, il avait eu envie de marcher jusqu'au restaurent en passant par le parc. Il l'avait prévenu qu'il faisait un peu plus froid, que c'était le dernier jour de l'automne.
__« Merveilleux ! S'était-il exclamé. Je commençais justement à en avoir assez de l'été. » Pendant les premiers mètres, ils étaient restés presque silencieux. Bill admirait sa façon de marcher, d'accorder si bien son pas au sien. Il se souvenait qu'une brise fraîche faisait tomber les premières feuilles et que le soleil couchant accentuait le bleu profond du ciel d'automne.
__« Par une nuit comme celle-là, je pense toujours à cet air de Green Day, lui avait-il dit. Vous savez, Boulevard of broken dreams. » Tom avait chantonné doucement : « I walk a lonely road The only one that I have ever known Don't know where it goes But it's home to me and I walk alone I walk this empty street On the boulevard of broken dreams Where the city sleeps And I'm the only one and I walk alone » Il avait une jolie voix.
__Etait-il tombé amoureux de lui à cette minute précise ?
__La soirée avait été si parfaite. Ils s'étaient attardés à bavarder après le dîner, tandis qu'autour d'eux les gens entraient et sortaient.
__De quoi avaient-ils parlé ? De tout. Son père était ingénieur dans une compagnie pétrolière. Ses deux s½urs étaient nées à l'étranger. Elles étaient maintenant mariées.
__« Comment y avez-vous échappé ? » Il devait poser la question. Tous deux savaient bien qu'elle signifiait en réalité : « Y a-t-il quelqu'un dans votre vie ? »
__Mais il n'y avait personne. Tom avait passé la plupart de son temps à voyager pour son ancien journal avant de devenir éditorialiste. C'était intéressant et très amusant et les 7 années qui avaient suivi l'université s'étaient écoulées sans qu'il s'en aperçoive.
__Ils étaient rentrés chez Tom à pied et, au second carrefour, s'étaient pris par la main. Tom l'avait invité à prendre un dernier verre, mettant une très légère exagération dans « dernier verre ».
__Pendant que Bill préparait les boissons, Tom avait allumé le petit bois dans la cheminée et ils étaient restés assis côte à côte à regarder le feu.
__Bill gardait un souvenir intense de cette nuit-là, de la façon ou le feu faisait briller l'or de ses cheveux, jetait des ombres sur son profil droit, illuminait son rare et beau sourire. Il avait failli le prendre dans ses bras, mais l'avait simplement embrassée doucement en partant. « Samedi, si vous êtes libre... » Il avait attendu.
__« Je suis libre.
__- Je vous appellerai dans la matinée. »

__Et sur le chemin du retour, il avait su que la solitude infinie de ces deux dernières années allait peut-être se dissiper. Si jamais je te quittais... Ne me quitte pas, Tom...
__Il était 8 heures quand il pénétra dans le hall du journal Le Monde. Les employés n'avaient pas pour habitude d'être matinaux. Les couloirs étaient déserts. Saluant le gardien devant l'ascenseur, Bill monta dans son bureau du 69ème étage et téléphona chez lui.
__Mme Moritz répondit : « Oh ! Aurélie va très bien ! Elle est en train de prendre son petit déjeuner, de grignoter, devrais-je dire. Aurélie, c'est ton père. »
__Aurélie prit l'appareil. « Hallo, papa, quand rentres-tu à la maison ?
__- A 8 heures 30. J'ai une réunion à 5 heures. Les Moritz vont toujours au cinéma, n'est-ce pas ?
__- Oui, je crois.
__- Tom sera à la maison avant 6 heure afin qu'ils puissent partir.
__- Je sais, tu me l'as dit. »
La voix d'Aurélie était neutre.
__« Bon. Passe une bonne journée, ma petite. Et couvre-toi bien. Il commence à faire froid ici. Est-ce que vous avez déjà de la neige ?
- Non, c'est juste un peu couvert.
- Bon. A ce soir.
- Au revoir, papa. »

__Bill fronça les sourcils. Il avait du mal à se rappeler le temps où Aurélie était un enfant plein d'entrain et de joie de vivre. La mort de Sarah avait tout changé. Il voulait qu'Aurélie et Tom se rapprochent l'un de l'autre. Tom faisait vraiment tout ce qu'il pouvait pour briser la réserve d'Aurélie, mais elle ne cédait pas d'un pouce. Pas encore, du moins.
__Du temps. Tout prenait du temps. Avec un soupir, Bill se tourna vers la table qui se trouvait derrière son bureau et prit l'éditorial sur lequel il avait travaillé la nuit précédente.






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# Posté le jeudi 22 mai 2008 12:49

Modifié le mardi 15 juillet 2008 09:02

Kapitel 3 : Der Plan Le Plan

Kapitel 3 : Der Plan Le Plan


__L'occupant de la chambre 483 quitta l'hôtel Vendôme à 9 heures. Il sortit sur la rue. Le vent vif, porteur de neige, pressait les passants, les faisait se recroqueviller, le cou enfoui dans leurs cols relevés.
__C'était un temps qui lui convenait, le genre de temps où personne ne prête attention à ce que vous faites.
__Sa première halte fut une boutique de vêtements. Négligeant les autobus qui se succédaient à quelques minutes d'intervalles, il fit à pied les 14 blocs. Marcher était un bon exercice, et il était essentiel de rester en forme.
__La boutique était vide à l'exception de la vieille vendeuse qui lisait le journal du matin. « Vous désirez quelque chose de particulier ? demanda-t-elle.
- Non. Je jette juste un coup d'½il. »
Il repéra les cintres de manteaux d'homme et s'en approcha. Fouillant parmi les vêtements usagés, il choisit un assez long. Tom Kaulitz était plutôt grand, se dit-il. Il y avait un rayon de foulards pliés près des cintres. Il prit le plus grand, un rectangle d'un bleu délavé.
__La femme fourra ses achats dans un sac en plastique.
__Le magasin militaire était à côté. C'était commode. Au rayon du camping. Il acheta un grand sac de marin en toile épaisse. Il le choisit avec le plus grand soin, suffisamment grand pour contenir la fillette, suffisamment épais pour que l'on ne puisse pas deviner ce qu'il contenait, suffisamment large pour laisser assez d'air quand la corde sera nouée.
__Dans un supermarché, il acheta 6 rouleaux de larges bandes de coton et deux pelotes de corde. Il ramena tout ses achats à l'hôtel. Le lit de la chambre était fait et il y avait des serviettes de toilette propres dans la salle de bain.
__Des yeux, il s'assura que la femme de ménage n'avait pas touché au placard : ses autres chaussures étaient dans la position exacte où il les avait laissées, l'une dépassant à peine l'autre, à deux doigts de la vieille valise noire à double serrure debout dans le coin.
__Il ferma la porte de la chambre à clef et mit les paquets sur le lit. Avec d'infinies précautions, il sortit la valise du placard et la posa au pied du lit. Il prit une clef dans son portefeuille et ouvrit la valise.
__Il en vérifia minutieusement le contenu : les photos, la poudre, le réveil, les fils métalliques, le détonateur, le couteau et le revolver. Satisfait, il referma la valise.
__Il quitta la chambre, emportant la valise et le sac en plastique. Cette fois, il traversa le hall inférieur de l'hôtel et prit la galerie souterraine qui menait au niveau supérieur de la gare du nord. Le flot matinal des voyageurs était passé, mais il y avait encore beaucoup de monde. Les gens s'empressaient au départ et à l'arrivée des trains, traversaient la gare, s'attardaient dans les boutiques de la galerie, les guichets, les kiosques à journaux.
__D'un pas alerte, il descendit et regarda d'un rapide coup d'½il pour se rassurait qu'aucuns gardes ne regardaient dans sa direction, et il disparut dans les escaliers qui descendaient sur le quai.
__Ses mouvements devenaient plus rapides, furtifs. Les bruits changeaient dans cet autre univers. Au-dessus, la gare bourdonnaient des allées et venues de milliers de voyageurs. Ici, les formes silencieuses, étiques, de quelques chats miteux se faufilaient, subrepticement dans le tunnel qui passait non loin de là. Une rumeur sourde et continue provenait de la voie d'évitement où les trains venaient tourner et souffler avec de leur départ.
__Il poursuivit sa descente progressive jusqu'au pied d'un escalier métallique, gravit les marches, posant avec application un pied l'un après l'autre. Un garde venait de temps à autre inspecter l'endroit. La lumière était très faible, mais on ne savait jamais...
__Au bout du petit palier se dressait une lourde porte en fer. Il posa délicatement la valise et le sac part terre, chercha la clé dans son portefeuille. Pressé, nerveux, il l'introduisit dans la serrure. La porte s'ouvrit.
__Il faisait très noir à l'intérieur. Il tâtonna à la recherche de l'interrupteur et, sans le lâcher, se baissa pour tirer la valise et le sac dans la pièce. La porte se referma sans bruit.
__L'obscurité était totale. Il pouvait à peine deviner les contours de la pièce. Une odeur de moisi dominait. Avec un long soupir, l'intrus s'efforça de se décontracter. Il prêta l'oreille aux bruits de la gare mais ils étaient trop éloignée, et on ne les discernait qu'en faisant un effort pour les écouter.
__Tout allait bien.
__Il poussa l'interrupteur et une lumière lugubre envahit la pièce. Un néon poussiéreux éclairait le plafond et les murs lépreux, projetant de grandes ombres obscures dans les coins. La pièce était en forme de L, une pièce en ciment, avec des murs en ciment d'où pendaient des lambeaux écaillés de peinture grise. A gauche de la porte se trouvaient deux énormes vieux bacs à vaisselle. Au milieu de la pièce, des planches irrégulières et étroitement clouées enfermaient un appareil en forme de cheminée, un monte-plats. Une porte étroite à l'extrême droite de L était entrebâillée, révélant des cabinets crasseux.
__Il savait qu'ils fonctionnaient. Il était venu la semaine derrière dans cette pièce, pour la première fois depuis 20 ans, et avait vérifié la lumière et tuyauterie. Quelque chose l'avait poussé à venir ici, quelque chose lui avait rappelé cette pièce quand il avait conçu son plan.
__Un vieux lit de camp bancal contre le mur du fond, un cageot retourné à côté. Le lit et le cageot l'ennuyaient. Quelqu'un, un jour, avait découvert la pièce et s'y était installé. Mais la poussière sur le lit et l'humidité étaient la preuve que l'endroit était resté fermé depuis des mois, peut-être même des années.
__Il n'était pas venu ici depuis l'âge de ces 16 ans, plus de la moitié de sa vie. Cette pièce servait alors à " Chez Clément Restaurant ". Situé directement sous la cuisine de ce restaurant, le vieux monte-plats transportait des montagnes de vaisselle graisseuse destinée à être lavée dans les deux grands éviers, puis séchée et remontée.
__Il y a des années, la cuisine de " Chez Clément Restaurant " avait été refaite et équipée de machines à laver. Et on avait condamné la pièce. C'était aussi bien. Qui voudrait travailler dans ce trou infecte ?
__Mais elle pouvait encore servir.
__Quand il avait cherché où cacher la fille de Krämer jusqu'au paiement de la rançon, il s'était souvenu de cette pièce. A l'examen, elle lui avait paru parfaite pour son plan. Du temps où il y travaillait, les mains gonflées, irritées par les détergents, l'eau et les grands torchons mouillés, la gare fourmillait de gens bien habillés qui rentraient chez eux, dans leurs voitures et leurs maisons de luxe, ou qui venaient s'asseoir au restaurant devant des assiettes pleins de crevettes, d'huîtres et de poissons grillés, qu'il devait ensuite nettoyer sans que personne ne lui prêtât jamais attention.
__Il ferait en sorte que chacun, dans la gare du nord, à paris, dans le monde entier, le remarque, lui. Après mercredi, jamais plus on ne l'oublierait.
__Il lui avait été facile d'entrer dans la pièce. Une empreinte de cire de la vieille serrure rouillée. Ensuite, il avait fabriqué une clé. A présent, il pouvait aller et venir a sa guise.
__Cette nuit, Tom Kaulitz et la gosse seraient là, avec lui. La gare du nord. Le meilleur endroit pour cacher quelqu'un.
__Il éclata de rire. Il pouvait rire maintenant. Il se sentait lucide, fort, en pleine forme. Les murs lépreux, le lit bancal, l'eau et les planches fendues l'excitaient [ No idées perverses Mesdemoiselle U_U ^_^ xDD Ok je sors -_- →].
__Ici, il était le maître, l'organisateur. Il avait tout prévu pour avoir son argent. Il allait clore les yeux pour toujours. Il ne pouvait plus continuer à rêver de ces yeux. Il ne le supportait plus. Ils étaient devenus un réel danger.
__Mercredi. Mercredi matin à 11 heures, dans exactement 48 heures. Il s'envolerait pour une autre ville.Ici, on y posait trop de questions.
__Mais là-bas, avec l'argent... Les yeux disparus... et si Tom l'aimait, il l'emmènerait avec lui.
__Il porta la valise devant le lit de camp et la posa avec soin à plat sur le sol. Il l'ouvrit, en retira le petit magnétophone et l'appareil photo qu'il glissa dans la poche gauche de son pardessus. Le couteau et le revolver dans sa poche droite. Aucun renflement n'était visible à travers l'épaisseur de tissu.
__Il prit le sac en plastique, en disposa méthodiquement le contenu sur le lit. Le manteau, le foulard, la corde, le sparadrap et les bandes. Il les fourra dans le sac de marin. Puis il retira le paquet de photo géantes soigneusement enroulées, les déroula, les étala, lissant, aplatissant la courbure de chacune. Son regard s'attarda. Un sourire de réminiscence, rêveur étira ses lèvres minces.
__Il appliqua les trois premières photos sur le mur, au-dessus de lit de camp, les fixa avec du sparadrap. Il contempla la quatrième avant de l'enrouler de nouveau lentement.
__Pas encore, décida-t-il.
__Le temps passait. Par précaution, il éteignit la lumière avant d'entrouvrir la porte de quelques centimètres. Il écouta. Il n'y avait pas un bruit de pas.
__Se glissant dehors, il descendit sans bruit les marches et passe en hâte devant le générateur trépidant, les ventilateurs ronflants, le tunnel béant, remonta la rampe, contourna la voie, monta au niveau inférieur de la gare du nord. Là, il se mêla à la foule, silhouette musclée d'un homme dans la force de l'âge, le torse bombé, la démarche raide. Dans son visage boursouflé, aux pommettes saillantes, au lèvres minces et serrées, les paupières lourdes ne dissimulaient qu'à moitié des yeux pâles au regard fureteur.
__Un billet à la main, il se pressa vers le niveau supérieur d'où partait son train.






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# Posté le lundi 14 juillet 2008 08:53

Modifié le mardi 15 juillet 2008 12:30